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À l’ICFP 2025, l’Engagement AOC fait entendre sa voix : Les jeunes au cœur de la redevabilité pour l’éducation, la santé et le bien-être
Bogotá, 6 novembre 2025 — Dans un paysage mondial souvent saturé de promesses, la voix politique de l’Afrique de l’Ouest et du Centre a résonné clairement à l’ICFP 2025 : elle est jeune, déterminée, collective.
Au coeur de cette conférence, des représentant·es de la Pour la première fois, des représentant·es de la Communauté des jeunes engagés (CJE) de l’AOC — la plateforme régionale de jeunes créée pour soutenir et porter l’Engagement de l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour des adolescents et jeunes éduqués, en bonne santé et épanouis (Engagement AOC), ont pris part à cette conférence mondiale sur la planification familiale, non pas comme figurant·es d’un programme international, mais comme acteurs et actrices à part entière d’un engagement politique régional qu’ils ont contribué à façonner.
Dans le cadre d’une session interactive sur l’« Accès à une éducation pour la santé de qualité » d’un side event de l’UCPO, l’UNESCO a co-animé un Café de connaissance organisé autour de trois tables rondes constituées en groupe de discussion. La table « Mobiliser des engagements pour l’éducation, la santé et le bien-être des jeunes » a rassemblé, sous la facilitation d’Equipop, jeunes activistes, responsables de ministères de l’éducation et de la santé, acteurs de la société civile et partenaires techniques autour d’une question centrale : comment rendre des engagements politiques réellement redevables et inclusifs ?
Intervention de Djamila, xoordinatrice nationale de la CJE au Burkina Faso, lors d’un side event de l’ICPF, à Bogota, Colombie (novembre 2025)
Loin des panels descendants, le format proposé — engagement-mètre, jeux de rôles inversés, témoignages bruts — a permis aux jeunes du Mali, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Sénégal de se situer avec des exemples concrets dans le processus : quel a été leur rôle avant, le 6 avril 2023 et aujourd’hui encore, pour que les droits des adolescent·es ne restent pas sur le papier ? Cet espace de dialogue illustre une réalité nouvelle : les jeunes ne sont plus des bénéficiaires, mais des acteurs de changement porteurs et acteurs de solutions locales et innovantes.
« Nous ne nous contentons pas de répondre aux défis mondiaux, nous façonnons des solutions » — Sira Sojourner Touré, Intervenante jeune, Communauté AOC
L’AOC : une voix régionale affirmée, portée par sa jeunesse
L’Engagement AOC proclamé en 2023 et désormais soutenu par un cadre de redevabilité régional co-construit avec 25 pays, n’est pas qu’un document technique. C’est une déclaration politique forte : celle que les adolescent·es et les jeunes d’Afrique subsaharienne doivent être éduqués, en bonne santé, et pleinement épanouis.
Leur présence à Bogotá, parmi plus de 8 000 délégués issus de 120 pays, dont 50 ministres de la santé, des parlementaires, des chercheurs, des activistes et des agences onusiennes, n’est pas anecdotique. Dans un espace où les récits globaux sont encore trop souvent pensés depuis d’autres régions, ils ont porté un agenda lrégional, audacieux — et crédible. L’AOC ne se contente pas de suivre : elle innove, elle propose, elle rend compte.
William Ngue (UNESCO) et Lamine Tine (RAES) - lors du side event sur l'application Hello Ado
Au-delà de la session, l’UNESCO et ses partenaires ont aussi présenté la plateforme Hello Ado, développée avec et pour les jeunes, comme outil de sensibilisation digitale pour répondre aux besoins en information fiable et contextualisée sur la santé et le bien-être.
Cette initiative, tout comme la présence de la Communauté des jeunes engagés de l’AOC, témoigne d’une transformation de fond : la jeunesse africaine n’est plus une cible de l’action publique, mais une force de conception, de mise en œuvre et de suivi au même titre que leurs pairs des autres régions du monde.
Les échanges autour de la table de l’UNESCO ont donné lieu à des recommandations concrètes, à des prises de parole puissantes, et à des connexions utiles entre jeunes et décideurs. Les effets induits de la généralisation des programmes d’éducation pour la santé sont positifs pour les jeunes : le recul de l‘âge des premiers rapports, la réduction du nombre de partenaires et de la fréquence des rapports et le choix des pratiques à moindre risque (préservatif, contraception...). Les parties prenantes ont aussi renforcé la légitimité politique d’un engagement régional unique en son genre, dans lequel la jeunesse n’est pas un “ajout”, mais le cœur même du dispositif.
En donnant corps à l’Engagement AOC dans les arènes internationales, l’UNESCO et ses partenaires contribuent à construire un continent où la parole des jeunes ne fait pas juste l’objet d’une écoute polie, mais d’une réponse politique concrète.
Grâce à ses sessions thématiques et son accompagnement des jeunes, l’UCPO a renforcé la visibilité des initiatives africaines et la coordination francophone à l’échelle mondiale. À moins de cinq ans de l’échéance 2030, l’ICFP 2025 appelle à transformer les données en actions concrètes afin de garantir que chaque jeunes puisse exercer pleinement ses droits reproductifs.
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